
Il y aurait beaucoup à dire sur un sujet aussi large. L’important est de donner les clés de compréhension des mécanismes à l’origine de la crise environnementale que nous traversons et des moyens à notre disposition pour la réduire et la traverser. Ces conférences adoptent une approche systémique pour expliquer l’intrication des enjeux climatiques et écologiques. En effet, le dérèglement climatique est un des grands facteurs d’impact sur la biodiversité, et la biodiversité est un des principaux régulateurs du climat. La lutte contre le changement climatique ne peut pas se faire sans la préservation et la restauration des écosystèmes. Or, celle-ci sert aussi à limiter les causes du réchauffement et participe à l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être des sociétés humaines. Il existe donc une convergence bienvenue et opportune entre les problèmes auxquels nous sommes confrontés et les solutions à notre disposition.
Ces conférences invitent à prendre conscience de l’ampleur de nos impacts sur la biodiversité et sur le climat. Elles présentent également les capacités de résilience des vivants qui nous ont montré à de nombreuses reprises qu’ils peuvent réagir positivement et rapidement quand on leur laisse l’espace et le temps nécessaires, bien plus que ce que nous aurions parfois pu imaginer.
La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a catégorisé les impacts des activités humaines sur la biodiversité en cinq catégories principales : l’occupation des sols et des océans, qui se traduit par la construction et l’agriculture ; les dérèglements climatiques ; l’exploitation directe des espèces, chasse, pêche, etc. ; les pollutions diverses ; et les espèces exotiques envahissantes. Ces facteurs de pression sont responsables de la grande majorité des disparitions d’espèces qui ont été observées et recensées, de la fragmentation et de la dégradation des habitats qui les causent, de la réduction de la taille des populations d’espèces sauvages et de leur diversité génétique. Les changements ne s’arrêtent pas là. Les grands cycles biogéochimiques de la Terre sont altérés — par exemple celui de l’eau, dont l’enjeu est le plus alarmant, ou encore ceux de l’azote et du phosphore, causés notamment par les pratiques d’agriculture intensive. Dans l’incertitude des changements globaux, nous savons que les espèces ont des outils biologiques à leur disposition pour s’adapter. Cependant, la rapidité et l’intensité des changements ne laisseront peut-être pas suffisamment de marge à cette adaptation. C’est donc une course contre la montre qui s’engage, vis-à-vis de laquelle il est crucial de comprendre le rôle des sociétés et des individus.