L'évocentrisme

Contenu à venir — définition, historique, applications

Présentation générale

Les humains sont devenus par l’intensité de leurs activités le premier facteur d’évolution biologique du vivant. La recherche scientifique a mis en évidence les changements évolutifs rapides des populations sauvages en réponse aux changements globaux, ainsi que leurs impacts avérés et à venir sur la biodiversité héritée de l’histoire évolutive. Les principaux facteurs d’impact évolutifs sont le changement climatique, la surexploitation directe des espèces, les pollutions, l’occupation des sols et des océans, les espèces exotiques envahissantes. M.E. Soulé, un des fondateurs de la biologie de la conservation proposait en 1980 de mettre au premier plan la considération pour les dynamiques évolutives propres des espèces. En promouvant la protection de la biodiversité et des êtres vivants pour leur seul valeur intrinsèque, une partie des conservationnistes refusent de conditionner les actions de conservation à l’intérêt humain. Cependant, cette démarche utilitariste anthropocentrée est devenue majoritaire dans les mouvements politiques de conservation, en témoigne le développement du concept de service écosystémique au début des années 2000. Ces deux approches de la conservation, aux moyens parfois communs mais aux finalités résolument divergentes, nourrissent alors un important débat scientifique et éthique. Une des questions fondamentales qui émergent est alors celle de la possibilité même de dépassement de l’anthropocène. En 2016, François sarrazin et Jane Lecomte ont proposé de réexpliciter ce questionnement et de rappeler ces enjeux à la lumière de l’héritage de la conservation dans leur article *Evolution in the Anthropocene*. Ils définissent des scénarios sur la base du positionnement éthique des humains vis-à-vis des autres vivants et explorent leurs conséquences dans une perspective évolutive. Ils suggèrent une approche évocentrée de la conservation, c’est à dire centrée sur l’évolution, qui est une proposition de positionnement éthique et scientifique vis-à-vis de des trajectoires évolutives des humains et des vivants autres qu’humain, visant à réduire l’impact des activités anthropiques sur celles-ci en garantissant des degrés de liberté évolutive.